
Portée par le Groupement d’intérêt public l’Europe des projets architecturaux et urbains (GIP EPAU), la Caravane des ruralités sillonne la France depuis 2023, à la rencontre d’innovations qui construisent des solutions nouvelles dans les transitions. De 2024 à 2025, avec à son bord les chercheuses Magali Talandier, professeure d’urbanisme à Grenoble, et Manon Loisel, enseignante à Sciences Po, elle a exploré la thématique de l’industrie. Ses quatre arrêts – à Laveyron (Drôme), Bressuire (Deux-Sèvres), Mirecourt (Vosges) et Magny-Cours (Nièvre) – ont inspiré un ouvrage particulièrement complet qui fait le point sur la situation de l’industrie rurale, à l’heure où l’Union européenne entend se réindustrialiser, et ce dans un contexte de raréfaction des ressources et de crises climatiques sévères.
Par Axel Puig
Plus encore que le tungstène, l’acier ou le titane, il est des clichés qui résistent à tout. Celui qui fait de l’agriculture l’activité dominante et presque exclusive du monde rural est de cela. Et pourtant, aujourd’hui, dans les campagnes de l’hexagone, près d’un emploi sur trois est lié à l’industrie. Héritée de la Révolution industrielle, cette spécificité française – le ratio est de 20% en moyenne en Europe – a donné naissance au statut particulier d’ouvrier-paysan, avant de marquer durablement de nombreux territoires. A commencer par la Drôme, la Nièvre, les Vosges ou encore le bocage Bressuirais.
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Ces quatre territoires sont au cœur de l’ouvrage L’Industrie rurale face à la raréfaction des ressources. Disponible gratuitement en ligne, il a été coécrit par Magali Talandier, urbaniste à l’université de Grenoble et Manon Loisel, consultante et enseignante à Sciences Po. (…)






