Opération 100% dépistés !

Opération 100% dépistés !
© CRCDC Île-de-France

Par Lucile Vilboux

Peur de la douleur, du résultat, méconnaissance du process, sentiment de ne pas être concerné, éloignement des services dans les zones rurales… « C’est un peu pour toutes ces raisons que les habitants ne répondent pas aux invitations de dépistage des cancers colorectaux, du col de l’utérus et du sein. Pourtant, lorsqu’ils sont détectés à un stade précoce, les chances de guérison dépassent les 90%, voire 99% pour celui du sein », explique Philippe Perez chargé de mission Santé Publique au Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) d’Île-de-France. Même constat à l’échelle nationale.

Pour la période 2024-2025, les dépistages, proposés par l’assurance maladie aux publics concernés, sont réellement effectués par seulement 30,9% d’entre eux pour le cancer colorectal (hommes et femmes entre 50 et 74 ans), environ la moitié pour celui du sein (tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans) et 60% pour le col de l’utérus (tous les trois ans pour les femmes de 25 à 30 ans et tous les cinq ans jusqu’à 65 ans). Des chiffres en-deçà des couvertures recommandées par l’Europe, respectivement de 65%, 75% et 80%. «Après trois années d’actions de prévention et de dépistage menées en Essonne, en partenariat avec la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé Sud Hurepoix (CPTS), l’Assurance maladie de l’Essonne, l’Agence régionale de santé (ARS) et la municipalité de Briis-sous-Forges, nous avons décidé de franchir un nouveau cap. Nous expérimentons durant toute l’année 2026 sur cette commune, le dépistage de 100% de ces publics visés par les campagnes et qui n’ont pas répondu aux premières sollicitations. » 1512 hommes et femmes de 25 à 74 ans sont ainsi concernés sur une population de 3375 habitants.

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La procédure est bien rodée maintenant. Des SMS leur sont envoyés pour prendre un rendez-vous où ils peuvent échanger, s’informer et programmer un dépistage. « Nous fonctionnons par campagne de trois mois. 133 SMS sont partis en janvier pour le dépistage du cancer du sein, puis 228 en février pour celui du col de l’utérus et 439 pour le colon. Notre objectif est que ces dépistages deviennent naturels, qu’ils fassent partie du quotidien », avance Aurélie Faucon, Présidente de la CPTS. « Comme mettre sa ceinture de sécurité! » ajoute Philippe Perez. Début avril, ce dernier comptabilisait 120 dépistages effectués, « un chiffre en progression constante. Et les personnes qui n’ont pas répondu aux premiers SMS seront de nouveau sollicitées au second trimestre ».

www.briis.fr/100-depistes-le-defi

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