Agriculture : l’union fait la force !

La bande de la ferme de la Chèvre Rit. Crédit : Marine Thomann

Dans un contexte de crise agricole exacerbée par les difficultés à s’installer, de plus en plus de paysannes et de paysans choisissent de cultiver la terre à plusieurs. Plus résilientes, plus solides, plus écologiques et plus variées, les fermes collectives portent une autre vision de l’agriculture en même temps qu’une réponse à la détresse du monde paysan.

Par Axel Puig, avec Marine Thomann

À la ferme de La Chèvre rit, même lorsqu’aucune visite de scolaires ou de familles n’est prévue, le lieu fourmille d’activités. En ce matin de juillet, à quelques battements d’aile – de mouette – de Granville et de la mer, tout le monde est sur le pont. Il y a là Manon qui attelle sa jument de trait à une citerne, Camille qui s’adonne à la cueillette, Emmanuel qui mène les chèvres vers leur pâture du jour, Fanny qui cendre les fromages tandis que Céline et Alex, chacun dans son rang, ramassent courgettes et tomates sous la serre encore fraîche. En tout, six personnes travaillent dans cette ferme collective de la Manche, dont cinq qui y vivent.

« La charge de travail était devenue difficile à gérer. Avec l’arrivée des enfants, on a compris qu’on ne pourrait pas continuer à deux. »

Céline Métayer pilote la ferme pédagogique et la pépinière ; Camille de Rostelan la boulange, le maraîchage et les stagiaires ; Alexandre François est aussi au maraîchage et à la vente; Emmanuel Desvages à la comptabilité, aux arbres et à l’élevage; Fanny Guillemont au fromage et à l’élevage, et Manon Desvages à l’accueil pédagogique et aux animaux. «Chacun a ses responsabilités, mais nous sommes tous polyvalents, ce qui permet de se relayer et de varier les tâches », annonce Manon tout en menant Infante, la jument comtoise qui remplace le tracteur pour les travaux des champs. (…)

 

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