Au cœur d’une ferme normande, un collectif d’agriculteurs, de paysans et de simples citoyens a créé l’Université de la paysannerie et de l’artisanat. Leur objectif : « réveiller les consciences pour stopper le désempaysannement du pays ». En 2025, huit mois durant, huit jeunes ont suivi la première session expérimentale de cette université pas comme les autres où l’on manie aussi bien la fourche que les livres, où l’on retourne la terre mais aussi les idées pour relever les défis environnementaux, sociaux et politiques du monde agricole.
Tout au long de cette formation, le photographe Emmanuel Blivet a capté les moments d’échange et d’apprentissage. Il a aussi tendu son micro à Jean-Sébastien, Manu, Aurélien, Antoine, Julie, Maëla, Betty ou Mélia, les acteurs – jeunes ou formateurs – de cette école où l’on apprend le maraîchage, la teinture naturelle, la boulange, la conduite du tracteur, mais aussi la fabrication des outils ou l’histoire des luttes ouvrières et paysannes.
Tous les entretiens sont à écouter ci-dessous.
Jean-Sébastien, maraîcher et co-gérant de la Ferme Hébé.
« En s’ouvrant à l’artisanat, l’objectif est de rendre le paysan le plus autonome possible vis-à-vis de l’agro-industrie »

Manu et Aurélien, maraichers et co-gérants de la ferme Hébé


Antoine, bricoleur
« L’activité agricole dépend des machines, de l’activité minière, de technologies, d’un brevet… Nous, on va à contre-courant de cette main-mise de l’agro-industrie sur les agriculteurs.»

Julie, artisane teinturière
« Comme teinturière, quand je cherche des fleurs, des racines, des écorces, je ne trouve plus de producteurs. J’avais donc envie de sensibiliser ces futurs agriculteurs à tous ces possibles pour que, peut-être, ils puissent les intégrer dans leur projet professionnel. »

Maela, artisane boulangère
« Le pain regroupait tout ce à quoi j’aspirais : faire de mes mains, travailler sur un territoire, avec des matières premières locales et produire un aliment sain, de qualité, et le plus accessible possible. J’ai voulu faire un fournil engagé dans le sens où je travaille en bio, au levain pour des raisons alimentaires, nutritionnelles, d’engagement. »

Betty et Mélia, étudiantes à l’UPA
« J’ai l’impression d’être plus outillée pour continuer à militer »








