
Deux tiers des villages français n’ont plus aucun commerce. Alors certains leur amènent sur un plateau, de camion ou de remorque. Du bar ambulant à la galerie d’art mobile, les activités itinérantes n’ont plus de limite. Preuve d’un manque, comme d’un désir de révolte.
Par Arnaud Stoerkler
La nature a horreur du vide? Les humains aussi. Surtout à la campagne, lorsque les commerces désertent les communes. En France, 62% n’en avaient plus aucun en 2021, selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Et 98% de ces lieux de vie désachalandés se trouvent en ruralité, d’après l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires). De quoi résigner ses habitants? Même pas. Des particuliers ou des collectivités ont décidé de se débrouiller par eux- mêmes en compactant certains besoins essentiels d’un territoire au sein de véhicules aménagés. Plusieurs centaines d’activités itinérantes irriguent aujourd’hui les mal-nommés déserts de l’Hexagone, entre parcours bien réfléchis et périmètres d’action toujours plus diversifiés.
Lire aussi Ils ont choisi l’itinérance
Oubliez le camion-pizza du vendredi soir, même si la pâte de ses galettes est particulièrement moelleuse: les nouveaux services nomades vont plus loin en offrant une débauche d’ingéniosité à des nécessités vitales – comme un cabinet médical sur roues. Souvent pionniers, ces acteurs participent à la «vitalité des campagnes», assure Alexandre Vallès, directeur de l’association Mon P’tit Camion, qui défend les activités itinérantes en France. Pour lui, ça ne fait pas un pli: il est grand temps «d’écouter ces artisans du faire» qui constituent «un levier méconnu et sous-exploité des territoires ruraux». (…)






