
Dans les Hautes-Pyrénées, à l’ombre d’une des plus grandes stations du massif, un petit village,
aussi coquet que discret, trace une voie alternative. Pour limiter l’extension du domaine skiable
de sa voisine Saint-Lary, Aulon a créé une Réserve naturelle volontaire et mise avec succès sur
la biodiversité et le pastoralisme. Reportage en vallée d’Aure, au pays des estives, des pics et des brebis.
Par Axel Puig
Lorsque l’on remonte le cours de la Neste, plein sud vers le cœur profond des Pyrénées, les villages coiffés d’ardoises se succèdent à un rythme régulier. Il y a d’abord Sarrancolin connu pour son marbre aux motifs variés : tantôt crème, rouge sang, rosé ou mordoré ; puis le bourg commerçant d’Arreau à la confluence des vallées d’Aure et du Louron ; puis les petits villages d’Ancizan et de Guchen, posés en lisière de forêt à l’ombre de l’imposant pic d’Arbizon qui toise ce petit pays pyrénéen du haut de ses 2 831 mètres.
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Mais, pour la plupart des visiteurs qui roulent sur cette départementale 929, l’objectif se trouve encore un peu plus loin. Alors que la vallée s’élargit, voici Saint-Lary, ses ruelles réaménagées à l’ancienne où s’égrainent cafés et restaurants, sa patinoire, sa piscine, son téléphérique et sa station de ski typique des années 1960 posée comme en équilibre, 1 000 mètres plus haut, sur le rebord du Pla d’Adet. Que l’on comptabilise les kilomètres de pistes ou le nombre de forfaits vendus, Saint-Lary se classe invariablement dans le trio de tête des stations pyrénéennes françaises.
L’hiver dernier, le bourg de quelque 800 habitants à l’année, a même battu tous les records, avec la bagatelle de 580 000 skieurs. Le reste de l’année, le cœur économique de la vallée d’Aure mise sur les randonneurs qui s’aventurent dans le Parc national des Pyrénées ou sur les cohortes de cyclistes qui défient les mythiques cols du Tour de France. (…)






