Engagés par nature

Ramassage des déchets par des chevaux, plantation de haies, restauration de mares… En Haute-Marne, Rives-Dervoises montre la voie pour préserver la biodiversité.

Depuis que trois traits ardennais assurent à tour de rôle le ramassage des déchets cartons et plastiques, le volume des ordures ménagères des 1 400 administrés de Rives-Dervoises a baissé de 20 %. « Ils collectent 173 kilos par an et par habitant, contre 216 kilos en moyenne dans les communes alentour. Le cheval sensibilise la population au tri. Leur utilisation nous permet aussi de participer à la préservation d’une race domestique locale », se félicite Christiane Welti, maire de cette commune nouvelle de Haute-Marne qui fait partie des 474 territoires engagés pour la nature recensés en France.

“La commune a un rôle essentiel à jouer en faveur du développement durable. Elle doit initier des actions, avancer avec tout le monde, néos, paysans, chasseurs… sans stigmatiser quiconque. »

Situé au bord du lac du Der-Chantecoq, Rives-Dervoises s’étire sur 75 km2 de champs, de forêts, d’étangs et de prairies humides dont plusieurs sont protégées par la convention Ramsar ou le programme Natura 2000. « Comme nous sommes un territoire vert, avec des forêts et des étangs, les habitants ont parfois du mal à prendre conscience des périls, de la sécheresse et des canicules, poursuit Christiane Welti. La commune a un rôle essentiel à jouer en faveur du développement durable. Elle doit initier des actions, avancer avec tout le monde, néos, paysans, chasseurs… sans stigmatiser quiconque. »

Mares et haies

À Rives-Dervoises, la plupart des actions en faveur de la nature naissent au sein de comités participatifs. Parmi elles : la gestion différenciée des espaces verts, des parterres de plantes vivaces, l’extinction de l’éclairage public à 22 heures, l’abandon de l’usage de produits phytosanitaires, le remplacement d’anciennes peupleraies par des arbres mieux adaptés au changement climatique, le creusement de mares qui avaient été comblées ou la plantation de haies. Les jeunes ne sont pas les derniers à agir pour l’environnement. Leur conseil municipal a ainsi organisé une collecte des déchets sur les bords de route et obtenu l’éclairage solaire des abribus.

Autre projet emblématique, la construction d’une résidence intergénérationnelle de quatre hectares, avec en son centre le groupe scolaire et des jardins partagés. « Nous y avons planté 400 mètres de haies et restauré une mare », souligne l’édile. Particulièrement riche, l’atlas communal de la biodiversité a mis en lumière la présence de nombreuses orchidées et de papillons rares. Les grues ne s’y sont pas trompées. En octobre et en novembre, elles sont plus de 100 000 à faire halte au lac du Der.

Axel Puig

 

Il est temps de sauver la biodiversité

Dans un rapport rendu en 2018, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) estime que, d’ici à 2050, 38 % à 46 % des espèces animales et végétales pourraient tout simplement disparaître. D’après un autre rapport « Global Futures », publié par WWF, la facture de ce désastre s’élèverait à près de dix mille milliards de dollars d’ici 2050 au niveau mondial et 173 milliards de dollars pour la France, principalement en raison de l’érosion des côtes et de la diminution de la production halieutique.

www.ipbes.net et www.wwf.fr