Une idée qui pousse : Un bout de jardin à partager

Une idée qui pousse : Un bout de jardin à partager
crédit : Sylvie Le Calvez

D’un côté, des habitants qui ont trop de terrain. De l’autre, des jardiniers sans jardin qui rêvent de cultiver leurs légumes. À Ouistreham (Calvados), l’association écocitoyenne Go Élan expérimente le concept de potager partagé. Une idée simple, qui crée du lien, favorise l’alimentation de qualité et revitalise les espaces inutilisés.
Suivez le guide pour reproduire cette initiative dans votre commune.

Par Sylvie Le Calvez

Ce matin de printemps, Paul Larcier et son compère Christophe Martin sont venus armés d’une pelle, d’une fourche et d’une bêche. À peine arrivés, ils se sont mis au travail dans le jardin d’une habitante de Ouistreham, commune du Calvados située au bord de la Manche.Tous les deux sont membres de Go Élan, une association écocitoyenne qui a eu l’idée, il y a deux ans, de développer un concept de potager partagé. Le principe est aussi simple qu’efficace : un habitant prête gratuitement une partie de son terrain à un jardinier amateur. En échange, il reçoit la moitié de la récolte. Les deux partagent l’achat des graines et des plants. Pas de pesticides, pas d’engrais chimiques : le jardinage se fait en bio. « J’ai découvert ce principe à Meudon, en région parisienne, et je me suis dit en arrivant ici, pourquoi pas aussi dans les villages et les petites villes », raconte Anne, bénévole en charge de la mise en relation. « Nous avions un potager lorsque nous habitions en pleine campagne.Depuis que nous avons acheté une maison de bourg, jardiner me manquait. Mais un grand terrain à Ouistreham, cela coûte trop cher », ajoute Paul le jardinier.

Lire aussi : L’âme d’un potager

Gagnant-gagnant

Pour les possesseurs de terrain trop grands, le potager partagé a de multiples avantages. Il permet d’obtenir des légumes et des fleurs bios sans effort, tout en réduisant la surface à entretenir. Ainsi, le jardin reprend vie tout en aidant un voisin qui manque d’espace.Le jardinier amateur dispose en effet d’un bout de terrain qui lui permettra de manger des produits frais et de qualité et de pratiquer une activité de plein-air. Autre avantage : la création de liens entre habitants. Avant de se lancer dans un tel projet, il faut toutefois prendre la mesure de freins potentiels. Côté propriétaires ou locataires : la crainte d’être dérangés sur sa propriété, un terrain qu’ils estiment trop petit, ou le fait qu’ils jardinent déjà eux-mêmes. Côtés jardiniers : une parcelle trop éloignée du domicile peut freiner l’engagement. Ces obstacles se lèvent souvent lors de la première rencontre et grâce à un accompagnement personnalisé.

MEMO

Qui peut participer ? Tout habitant de la commune, qu’il soit possesseur d’un terrain ou jardinier sans espace.
Taille minimale : Pas de minimum imposé. À Ouistreham, les plus petits jardins font 10 m², les plus grands 200 m2.
Base juridique : Contrat de prêt à titre gracieux (art. 1875 et suivants du Code civil).
Partage de la récolte : En général 50/50 entre jardinier et propriétaire. Partage des coûts : Graines et plants partagés à 50/50.
Règles de culture : Sans pesticides ni engrais chimiques (hors produits autorisés en bio).
Équipement requis : Accès à l’eau, rangement outils, composteur.
Rôle de l’association : Mise en relation, accompagnement, animation du réseau

Retrouvez toutes les étapes dans le numéro 168, été 2026

Aller plus loin…

Plantez chez nous
Plus de 6 000 jardiniers et prêteurs inscrits. Permet de publier des annonces de mise en relation au-delà de votre territoire. www.plantezcheznous.com (rubrique co-jardinage).

Les Jardins Nourriciers
Pour les grands terrains (plus de 100 m²). Cette association promeut une agriculture vivrière coopérative et solidaire et recherche activement des terrains et du matériel de jardinage. Si vous disposez d’un grand espace inutilisé, vous pouvez le proposer directement via leur formulaire en ligne. www.lesjardinsnourriciers.com

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