Victimes de violence, elles se reconstruisent dans la campagne drômoise

Victimes de violence, elles se reconstruisent dans la campagne drômoise
crédit : Ana Rougier

Dans la Drôme, l’association Réseau Femmes à l’Abri 26 héberge des victimes de violences et de traite des êtres humains. Grâce à la vie en milieu rural, ces femmes opèrent une lente reconstruction.

Par Ana Rougier

C’est un lieu tenu secret, non loin du village de Dieulefit (Drôme), qui héberge plusieurs femmes aux parcours cabossés. On l’appelle la petite maison. Au bout des escaliers en colimaçon, le salon tamisé fait office de cocon. Ce matin-là, à côté du canapé et des tasses de café fumantes, Claire donne des cours de français langue étrangère (FLE). Un apprentissage essentiel pour certaines femmes aux parcours d’exil, allant de l’alphabétisation à l’apprentissage de la langue. Aline* et sa fille Lina* (* Prénoms d’emprunt), logées par des particuliers vingt kilomètres plus loin, assistent à la séance du matin. Alors qu’Aline échange en bambara (NDLR : la langue la plus importante du Mali, d’après l’Institut national des langues et civilisations orientales) avec Lina, Julie* rejoint le petit groupe avec son fils, Ethan*. « Ici je me sens bien, c’est facile de tisser des liens avec les gens. J’aimerais rester en France », confie Aline.

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Protection immédiate

Ce logement est loué par l’association Réseau Femmes à l’Abri 26, née en 2021. C’est en période post-Covid que l’intervenante sociale Anne Okaïs remarque que des femmes sont exclues des dispositifs d’hébergement d’urgence (NDLR : connus sous le nom de service intégré d’accueil et d’orientation), avec des sorties sans proposition de relogement. Une idée émerge : protéger les femmes victimes de violences, de sans-abrisme et de traite des êtres humains par le logement. « Les violences peuvent être conjugales, mais aussi liées à la rue. Quand une femme se trouve à la rue avec ses enfants, elle est particulièrement exposée au viol, aux agressions physiques et à toute forme de contrepartie qu’on leur propose contre un logement extrêmement précaire », éclaire-t-elle. La petite maison est réservée à des femmes qui ont besoin d’une protection immédiate, du fait des risques de récidive de leur agresseur. La durée du séjour n’est pas conditionnée, et l’accueil est couplé avec un accompagnement social. (…)

Site de l’association Réseau Femmes à l’Abri 26

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