
Dans le Jurançon et le Madiran, les aînés sauvent les récoltes de raisins tout en arrondissant leurs fins de mois. Reportage.
Texte et photos : Simon Renou
Le soleil monte doucement sur les coteaux du Jurançon. Quelques rayons percent les feuillages du domaine de Larroude, éclairant la chevelure argentée d’Esther, 64 ans. Sa voix gouaille : « Vous êtes venus chercher des vieux qui galèrent ? Ici, vous n’en trouverez pas ! », s’amuse-t-elle entre deux grappes de raisin.
Dans les vignes de Jérémy Estoueigt, ils sont une quinzaine ce matin, le sécateur dans une main, le seau dans l’autre, à prendre leur temps, visiblement peu contraints par des impératifs de rentabilité. Beaucoup ont dépassé l’âge de la
retraite. Les mains ridées sont tachées du jus du Tanat. La plupart reviennent chaque année. Esther dit être là « pour le plaisir et pour la fête. J’ai de la chance, assure-t-elle, je suis mariée et nous sommes propriétaires ». Pourtant, sa pension n’a rien de faramineux : « J’ai été assistante familiale, je n’ai pas le taux plein. Je touche environ 1500 euros par mois. Alors oui, ça complète. » (…)

N°167 - Printemps 2026





